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Crédit Photo : France4

« A bas Parcoursup » … vraiment ? Et si on se trompait de cible ?

Actualité Parcoursup –  octobre 2026

Depuis trois semaines, des lycéens défilent pour réclamer la fin de Parcoursup. Le ministère vient pourtant de publier le calendrier 2027. Faut-il leur donner raison ? Je vous propose de regarder la question sans slogan, ni dans un sens ni dans l’autre.

« À bas Parcoursup ! »

Vous l’avez peut-être lu sur une pancarte, entendu à la radio, ou entendu tout court, un soir, de la bouche de votre propre ado en rentrant du lycée. Et peut-être vous êtes-vous surprise à penser qu’il n’avait pas complètement tort.

Je vous comprends. Depuis 2018, j’accompagne des familles à travers cette procédure, et je connais par cœur les nuits courtes de juin, les listes d’attente qu’on actualise toutes les heures, les messages de parents qui commencent par « je suis désolée de vous déranger un dimanche, mais… ». Je ne vais donc pas vous expliquer que tout va bien.

Mais je vais vous dire pourquoi je ne signerais pas pour sa suppression, et pourquoi je pense que ce n’est pas la bonne cible.

Une colère qui ne sort pas de nulle part

Commençons par écouter ce que disent les lycéens, parce que leurs reproches sont sérieux. Ils parlent d’une procédure opaque, de critères d’admission qu’on ne comprend pas, d’une attente interminable entre juin et juillet. Ce ne sont pas des caprices : selon les enquêtes relayées par L’Etudiant, près d’un lycéen sur deux ne trouve pas la procédure transparente depuis 2023.

Ils parlent aussi, plus confusément, d’une pression qui commence dès la Seconde. Le choix des spécialités, le contrôle continu, le dossier qui se construit note après note… Quand on a seize ans et qu’on a le sentiment que chaque devoir surveillé compte pour son avenir, il est assez logique d’en vouloir à la plateforme qui, en bout de chaîne, rend le verdict.

Et c’est là, je crois, que le malentendu commence.

Parcoursup, le coupable idéal

Parcoursup est une plateforme. Elle rassemble les candidatures, les transmet aux formations, et renvoie leurs réponses aux candidats. Elle ne décide pas qui entre où. Ce sont les commissions de chaque formation qui examinent les dossiers et classent les candidats, selon leurs propres critères. Le ministre de l’Enseignement supérieur l’a rappelé début octobre, en soulignant que le code de la plateforme est public depuis longtemps (L’Etudiant).

Surtout, Parcoursup ne crée pas de places, et il n’en supprime pas non plus. Or c’est bien là que le bât blesse.

945 500 → 1 046 000

inscrits sur Parcoursup entre 2024 et 2026 (L’Etudiant)

− 10 000 places

dans les formations référencées entre 2025 et 2026, d’après le SNESUP-FSU

Plus de candidats, moins de places : aucune plateforme, si bien conçue soit-elle, ne peut transformer cette équation en promesse tenue pour tout le monde. Parcoursup n’est pas la cause de la pénurie. Il en est le messager. Et on connaît le sort habituellement réservé aux messagers.

Source documentaire : « Parcoursup, bilan de la procédure d’admission 2026 » à consulter sur education.gouv.fr

Et si on supprimait Parcoursup ?

Faisons l’exercice. Imaginons que Parcoursup disparaisse à la rentrée prochaine. Que resterait-il ?

Il resterait les mêmes formations, avec le même nombre de places. Il resterait des filières très demandées, qui devraient toujours choisir parmi leurs candidats. Il resterait des dossiers, des notes, des lettres de motivation. Et il faudrait bien un moyen de répartir un million de candidats entre des milliers de formations.

Ce moyen, nous l’avons déjà connu. Avant Parcoursup, il y avait APB, et dans les filières en tension, certaines places étaient attribuées par tirage au sort. Avant APB, il y avait les dossiers papier, envoyés un par un, avec des calendriers différents selon les établissements et des familles qui savaient s’y retrouver… et d’autres pas. Je ne suis pas certaine que ce soit le progrès que les lycéens appellent de leurs vœux.

Supprimer la plateforme, ce serait un peu comme casser le thermomètre parce qu'on a de la fièvre. Le geste soulage, sur le moment. La fièvre, elle, reste là.

Défendre Parcoursup, ce n'est pas l'idéaliser. C'est en connaître les limites

Que les choses soient claires : je ne pense pas que Parcoursup soit parfait. La transparence des critères reste perfectible, et beaucoup de familles découvrent trop tard ce qu’une formation attend vraiment. L’attente du mois de juin est éprouvante, même si elle a été raccourcie au fil des sessions (en 2026, plus de 80 % des lycéens avaient reçu au moins une proposition une semaine après le début de la phase d’admission, selon L’Etudiant). Et l’accompagnement au lycée varie énormément d’un établissement à l’autre.

Ces chantiers-là méritent qu’on se batte pour eux. Le gouvernement a d’ailleurs lancé un groupe de travail le 19 octobre, avec des annonces attendues d’ici la fin du mois (L’Etudiant). Plus de clarté sur les critères, plus d’accompagnement, et surtout plus de places dans les filières qui en manquent : voilà, à mon sens, ce que la mobilisation lycéenne devrait obtenir. Ce serait une vraie victoire, bien plus utile que la disparition d’un site internet.

Ma position, en toute transparence

https://mon-orientationscolaire.com/parcoursup/Vous pourriez me répondre, avec un petit sourire, qu’une consultante qui accompagne les familles sur Parcoursup a tout intérêt à ce que Parcoursup existe. La remarque est légitime, alors je préfère la poser moi-même. Mon métier existait avant Parcoursup, il existera après lui, parce que la question de fond ne change pas : comment aider un jeune de dix-sept ans à choisir ce qu’il veut faire, et à se donner les moyens d’y arriver. Que la procédure s’appelle Parcoursup, APB ou autrement, c’est ce travail-là qui compte.

Et pour vous, parents, concrètement ? Le débat est important, mais il ne doit pas vous faire perdre de vue l’essentiel.


Parcoursup 2027 aura bien lieu

✔️ 17 Décembre 2026 : Mise à jour de la carte des formations 

✔️ 18 Janvier 2027 : Ouverture de la phase des candidatures (saisies des voeux)

✔️ 11 Mars 2027 : Dernier jour pour saisir les voeux

✔️ 1er Avril 2027: Dernier jour pour finaliser les dossiers ( à partir de cette date, les candidatures sont transmises aux formations)

Source : calendrier officiel Parcoursup 2027


D’ici là, le meilleur usage de votre énergie n’est pas de deviner ce qui changera, mais d’aider votre adorable à savoir ce qu’il veut. Un salon, une journée portes ouvertes, une conversation sur ce qui l’a surpris cette année au lycée… Ce travail-là servira, quelle que soit la forme que prendra la plateforme.

Alors, à bas Parcoursup ? 

Non.

Mais à bas l'absence d'information et d'explication en amont de la Terminale.

À bas l'idée que la sélection n'existe pas.

À bas l'idée qu'un adolescent devrait traverser seul une procédure aussi lourde.

Si votre adorable vous parle de la mobilisation et/ou de la grogne des lycéens, ne cherchez pas à le faire changer d’avis. Demandez-lui plutôt ce qui l’inquiète, lui, dans cette procédure. Vous aurez sans doute là le début d’une conversation bien plus utile que n’importe quel débat sur la plateforme.

Et maintenant, par où commencer ?

Si vous souhaitez traverser cette année avec des repères clairs, j’ouvre le 4 novembre le GPS Parcoursup 2027, mon outil pour avancer pas à pas, en famille. Les évolutions annoncées par le gouvernement y seront intégrées au fur et à mesure

Ensemble, parlons d'orientation scolaire sereinement ☀️ 

Cécile Altherr, coach et consultante en orientation scolaire